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Michel LE GOFFIC
An Eured Vein, la noce de pierres de Brasparts (Finistère) |
| Dominant le Yeun Ellez, un alignement mégalithique constitué de 88 menhirs de taille très modeste, le plus grand mesurant 1,80 m de hauteur, est orienté ouest-est. La hauteur des blocs de quartzite et de quartz est croissante lorsque l'on se dirige vers l'est. Au centre se trouve une petite enceinte fossoyée subcirculaire matérialisée par une différence de végétation. Quelques pierres s'écartent de la file principale formant de petites sécantes. Une prospection réalisée en 1978 a livré une industrie lithique qui permet de dater l'occupation du site du Néolithique, tandis qu'une légende fait de cet alignement une noce pétrifiée pour ne s'être pas recueillie au passage d'un prêtre qui allait porter l'extrême-onction à un moribond. |
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Christian MILLET
Les calvaires à auvent du Pougastel: Kerboliou, Plouégat-Guerrand, Tréduder, Linguez |
| Plusieurs calvaires situés dans l'archidiaconé du Pougastel (évêché de Tréguier) présentent des similitudes dans leur sculpture et leur mise en oeuvre. La plus remarquable est l'emploi d'un auvent couvrant une composition modélisée, crucifixion au nord, Vierge à l'Enfant au sud, deux saints à l'est et à l'ouest. Les concepteurs, tailleurs de pierre, reprennent ici un procédé de eharpentier-menuisier largement utilisé, entre autres, dans les pays germaniques. Ces calvaires datent probablement du début du xve siècle et appartiennent aux nombreuses oeuvres marquant le renouveau artistique qui suivit la guerre de la Succession de Bretagne. |
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Alexandra COATMEN
Les croix et calvaires dans le canton de Pont-l'Abbé |
| Face à la diversité des lieux d'érection des croix et calvaires en Bretagne, on ne peut que s'interroger sur l'origine de ce foisonnement. L'analyse des monuments du canton de Pont-l'Abbé permet d'établir la relation intrinsèque qui unit le lieu et le motif d'édification. Si les croix et calvaires servent avant tout à démarquer l'espace sacré de l'espace profane, borner leur rôle à cette unique sacralisation du sol constitue une méprise car la croix est par essence polysémique. De ce fait, la fonction spécifique de chaque monument explique en partie le choix et la diversité de leur emplacement. Outre cette spécificité, on relève également que l'image même de la croix s'accompagne souvent d'une représentation architecturale et sculpturale variée. De conception parfois naïve, elle est l'émanation d'imagiers locaux qui s'efforcent de traduire dans la pierre leur conception de la foi et leur sincère dévotion. Dès lors, c'est un art bien singulier qui s'offre à nous. |
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Louis CHAURIS
Aménagements du port et du chemin de halage à Pont-l'Abbé au XIXe siècle |
| La situation du port de Pont-l'Abbé, à l'extrémité amont d'une étroite ria, a nécessité l'exécution, au cours du XIXe siècle, d'importants travaux, tant pour faciliter l'accostage des navires (quais) que leur acheminement (chemin de halage). Ces aménagements, qui ont eu lieu par étapes successives, sont encore remarquablement conservés, témoignant à la fois de la qualité des ouvrages entrepris sous la direction des Ponts et Chaussées, et de l'importance d'un port aujourd'hui assoupi. |
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Louis CHAURIS
Travaux d'aménagement au port de Pempoul en Saint-Pol-de-Léon dans la seconde partie du XIXe siècle |
| Le port de Pempoul, à Saint-Pol-de-Léon, longtemps actif, n'offrait toutefois que des infrastructures fort rudimentaires. C'est seulement dans la seconde partie du XIXe siècle qu'a été entreprise, sous la direction des Ponts et Chaussées, l'exécution d'un débarcadère avec terre-plein, plate-forme et cale. Ultérieurement, ces travaux ont été complétés par la construction, à proximité, d'un mur de défense du littoral. Données archivistiques et observations sur place permettent de préciser les modalités d'exécution dc ces divers ouvrages, en particulier la provenance des matériaux, le plus souvent proximaux, pour des raisons évidentes d'économie. |
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Fanch BROUDIC
Le breton comme pratique et comme enjeu dans les campagnes électorales du printemps 2002 |
| Les élections apparaissent comme des moments d'échanges intenses entre les candidats et les électeurs, et c'est alors que la langue devient incontournable: pour qu'il puisse y avoir communication, il faut qu'émetteur et récepteur partagent le même code. Dans des pays africains comme le Mali, le français est certes la langue officielle. Mais c'est en bambara que s'instaure le débat politique. Qu'en a-t-il été de la langue bretonne au cours des campagnes électorales du printemps 2002? À l'occasion de l'élection présidentielle comme lors des élections législatives, les candidats ont été interrogés sur les décisions qu'il conviendrait de prendre à l'égard des langues régionales, concernant leur statut et leur devenir: il apparaît qu'en Bretagne, la question de la langue bretonne reste un enjeu politique. Mais il n'est pas primordial. 250 000 personnes sont aujourd'hui à même de s'exprimer en breton. Mais peu de candidats pouvaient le parler : dès lors, la pratique n'en est plus socialement déterminante. Par contre, en termes d'image ou de représentations, l'effet recherché est loin d'être négligeable. |
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Maurice HASLÉ
Bénélos au pays des Alamans ou les ballons d'Alsace, observatoire solaire celtique ? |
| Pourquoi tous les sommets arrondis des Vosges, de Forêt-Noire et du Jura suisse (domaine aujourd'hui alémanique, mais hier celtique) ne sont-ils pas des " ballons ", traduction étymologique populaire de l'allemand Belchen ? Sollicitant astronomie et ethnologie, la présente étude tente de démontrer que les Belchen, sommets à la concordance toponymique, entretiennent des rapports privilégiés ; en d'autres termes, qu'ils entrent dans un système cohérent d'observation à grande échelle permettant d'établir un calendrier solaire celtique - sous le signe de Bélénos, dieu de la brillance. |
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Didier LEBÈGUE
Le culte de saint Fiacre dans le diocèse de Quimper et de Léon. Premières approches |
| En Bretagne, la dévotion des fidèles s'est manifestée par un foisonnement d'édifices religieux et s'est partagée entre les saints les plus universels et des saints, que par simplification, on appelle " bretons ", au culte parfois strictement local. Parmi eux, un saint étranger à la région qui, pourtant, paraît chez lui en Bretagne, tant son culte y est répandu : saint Fiacre. Ermite d'origine irlandaise et protégé de Faron, évêque de Meaux, il a fondé un monastère au cœur de la Brie au VIIe siècle. Saint patron de cette région, et patron de la corporation des jardiniers, on le trouve aussi partout en Bretagne, et en particulier dans le Finistère où une prospection des sources bibliographiques a permis de relever des traces de son culte dans cinquante-sept paroisses : paroisse, églises, chapelles, fontaines, croix et calvaires lui sont dédiés, statues, vitraux, lieux-dits, fêtes et pardons, cantique et gwerz témoignent de la dévotion dont il fut l'objet. La diffusion de son culte en Bretagne pourrait être liée à des pérégrinations de ses reliques, organisées à la fin du XVe siècle par l'abbaye Sainte-Croix - Saint-Faron de Meaux aux fins de recueillir des dons dans les différentes provinces ecclésiastiques du Centre et de l'Ouest. Le succès dc l'entreprise dépassa ses objectifs puisque, d'évidence, Fiacre fut adopté par les fidèles et le clergé bretons et s'implanta profondément dans la péninsule. |
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Christian LE ROUX
Les origines de la seigneurie de Lossulien |
| Lossulien, aujourd'hui dans la commune du Relecq-Kerhuon, fut le siège d'une seigneurie attestée depuis le XIIIe siècle jusqu'à la Révolution, sous le nom de fief de Trébrit. Avec la forteresse de Kerérault, sur la rive d'en face, Trébrit assurait la surveillance de l'embouchure de l'Élorn. La première résidence seigneuriale était située vraisemblablement sur une éminence voisine du manoir actuel, et ses occupants appartenaient au lignage portant le patronyme de " Cornouaille ", dont on ne sait s'il était d'origine léonarde, ou descendant du puîné d'un duc de la dynastie cornouaillaise, ou d'origine cornique, ou issu d'une famille seigneuriale bretonne chassée au XIIe siècle de ses possessions angevines (La Cornuaille, près de Candé). |
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Laurence MOAL
À propos du droit de bris : un exemple de solidarité anglo-bretonne? (Morlaix, 1501) |
| Un navire anglais s'immobilise sur la roche du Taureau à la sortie de Morlaix le 13 janvier 1501. Il s'ensuit un bras de fer judiciaire entre les autorités portuaires, qui ont procédé à la saisie• du bateau, et les propriétaires qui veulent récupérer leurs biens. Une enquête est alors instruite: à la demande de Louis XII. Au cœur des débats se trouve le droit de bris et son interprétation. |
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Pierre MARTIN
Les rébellions du rivage. Contestations, séditions et émotions populaires sur les littoraux bretons sous l'Ancien Régime (XVIe - XVIIIe siècle) |
| Les mouvements populaires ont fait l'objet de nombreuses études historiques. Le monde rural a d'ailleurs été privilégié par les historiens. Du coup, durant quelques décennies, séditions, révoltes et ruralité ont été systématiquement liées. Pourtant, les littoraux ont eux aussi des choses à nous apprendre sur les mouvements populaires à l'époque moderne. En effet, ils ont été secoués par quelques troubles qu'il ne faut pas chercher à distinguer des émotions campagnardes. Émeutes antifiscales pour la plupart, cette étude tente aussi de brosser une typologie de cette rébellion du rivage tout en essayant de s'interroger sur les cycles, la périodicité et les mécanismes de ces ruptures temporelles. Ces contestations remettent en cause l'autorité seigneuriale et royale mais aussi le pouvoir des fermiers seigneuriaux dont le zèle n'est pas une nouveauté. Soutenus par la plupart des gens de mer, quelques chefs ou meneurs se distinguent alors. C'est à l'usure que certains mouvements séditieux parviennent à leurs fins. |
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Paul JARRY
Un Landernéen, Joseph Barbier, à l'origine du tribunal révolutionnaire à Brest ? |
| Une insurrection a lieu le 3 janvier 1794 à bord de l'America en rade de Brest. Trois marins sont arrêtés et Jean Bon Saint-André, représentant du peuple, demande au tribunal criminel du Finistère de se rendre à Brest pour les juger. Joseph Barbier, aide chirurgien, est arrêté le 9, accusé d'avoir par ses propos provoqué la révolte. Jean Bon Saint-André, pour le juger, constitue le même tribunal criminel en tribunal révolutionnaire. Tous les quatre sont condamnés à mort et exécutés en rade, sur un ponton. Le tribunal révolutioimaire, à l'instar de celui de Paris, ne sera institué qu'un mois plus tard. Trois officiers de l'America feront partie des douze jurés de ce tribunal. Benoît Barbier père, receveur des cuirs à Landerneau, passera une bonne partie de la Révolution en prison comme ennemi déclaré du nouvel ordre des choses. |
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Jean-Louis AUTRET
Correspondance du général Canclaux pendant l'insurrection du Léon de 1793 |
| Le mois de mars 1793 fut particulièrement agité dans le Léon : plusieurs communes se révoltèrent contre le tirage au sort des futurs soldats de la République. La correspondance du général Canclaux entre le 21 mars et le 6 avril 1793 évoque ces troubles. Après avoir mis fin au soulèvement de Plabennec, Canclaux se mit en route vers Saint-Pol-de-Léon et remporta une bataille décisive au pont de Kerguidu le 24 mars. Après cette bataille, les lettres deviennent beaucoup plus optimistes : le tirage au sort reprend normalement, et Caudaux demande des sanctions financières contre les communes insurgées. Le 6 avril, il manifeste la volonté de rentrer à Brest, une fois la tranquillité assurée dans le Léon. |
S A F
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Société Archéologique du Finistère
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